UBS, actionnaires actuels spoliés d’avance

1 février 2008 | par | Pas de commentaire Plus loin

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On savait le cynisme qui guide toute l'action de cette ancienne grande banque devenue depuis peu tout à fait bancale et qui a perdu près de la moitié de sa valeur en bourse depuis 6 mois grâce aux bons soins du docteur Ospel et de ses infirmiers attentifs. Non contents d'avoir fait perdre en gros plus de 35 milliards de francs de capitalisation boursière à ses "chers" actionnaires, elle prépare pour le 27 février une augmentation de capital tout à fait spéciale, complexe et en gros réservée à deux nouveaux actionnaires de référence, GIC de Singapour et un actionnaire mystérieux du Golfe.

Les actionnaires actuels ont en vertu du droit suisse de la SA un droit de souscrire à une augmentation de capital qui ne peut être aliéné ou abandonné comme tel et qui a même une valeur en soi. Mais voilà, l'UBS sait que depuis de très nombreuses années l'actionnaire de base de l'UBS ne vient pas aux assemblées générales, et que ces dernières ont généralement un quorum de l'ordre de 20 % du total des actionnaires, 20 % totalement acquis d'avance au conseil d'administration. Ce qui revient à dire que ce dernier, malgré les gesticulations sympathiques d'ETHOS ou de Profond, fait une nouvelle fois n'importe quoi en spoliant d'avance les actionnaires actuels qui se verront dilués et donc diminués en valeur sans autre forme de procès alors que deux nouveaux poids lourds vont toucher pendant deux ans du 9 % en francs suisses de rendement sur un emprunt convertible qui deviendra ensuite des actions dont le prix de conversion est encore un attrape-nigauds.

Plus fumiste tu meurs, et personne ne dit rien. Ah si, tiens, pour une fois Merz a dit que la perte de la banque en 2007 était une "honte". Il doit être actionnaire, sans quoi il n'aurait pas tenu de tels propos.

Et dans son courrier de ce jour, l'UBS a le culot de prétendre que cette manière de faire est la seule qui soit intelligente, car, pour reprendre ses propres termes : "[le système utilisé est un] instrument efficace ne requérant pas de documentation importante et permettant une exécution plus rapide qu’une offre publique de obligations remboursables en actions ou une augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription aux actionnaires Instrument efficace ne requérant pas de documentation importante et permettant une exécution plus rapide qu’une offre publique de obligations remboursables en actions ou une augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription aux actionnaires".

C'est du genre tu la boucles, et circule vieil actionnaire historique débile et sans intérêt qui voudrait soutenir sa banque chérie, et ne pas trop perdre d'argent. Il n'est dès lors pas étonnant que des bruits tout à fait convaincants circulent sur une reprise de l'UBS pure et simple, à un prix que l'on peut qualifier de discount. On l'annonçait hier dans une brève, ça semble bien parti pour ne pas être qu'une simple hypothèse. Quand donc les actionnaires sauront-ils reprendre leur pouvoir ? actuellement le balancier ne penche qu'en direction du management. Drôle d'abdication, car en plus elle leur coûte cher… 

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Catégorie: Res politica

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