UBS: attention, tandem fumeux !

UBS, notre vieille banque nationalisée qui sent à la fois la naphtaline, le cirage pour les pompes et la poudre à canon se fait passer pour toute petite ces temps. Marrant pour un géant déchu et décevant.

Il est vrai que les dégâts qu’elle a provoqués dans le portefeuille des contribuables suisses et ceux qu’elle provoque actuellement sur le marché du travail, directement en relation avec ses errements, sont du plus mauvais effet pour son image. Même si cette dernière est écornée à un point tel que d’avoir bossé pour ce géant est devenu un trou noir à occulter rapidement sur un curriculum-vitae.

On rappelle les dizaines de milliards de francs mis officiellement et quasi sans conditions à disposition de l’UBS par un gouvernement servile. On rappelle aussi que c’est la seule banque en Suisse à n’avoir pas su traiter la crise financière avec professionnalisme, bien que le gouvernement ait décidé de mesures d’urgence pour « sauver le système financier suisse tout entier », alibi grotesque que tout le monde a compris d’emblée.

On a été cherché à coups de millions deux retraités dorés sur tranche, le fumeux tandem Grübel-Villiger, et voilà que ce binôme recommence à jouer avec l’argent du contribuable et avec le feu. Et personne ne dit rien.

Prétendue fuite des cerveaux (lesquels, ceux qui ont provoqué la crise, des cerveaux vraiment ?), difficultés de recrutement (on en aurait à moins), mises à pied simultanées (logique d’entreprise « facile » à comprendre).

On vire le petit dans l’allégresse sans qu’aucune faute ne lui soit imputable et on engage des grands transférés de la concurrence, notamment de Goldman Sachs, à coups de salaires annuels garantis en dizaines de millions de francs. Quelle morale …

On l’a assez répété dans les colonnes de ce blog: les banquiers sont absolument et rigoureusement incorrigibles. Il fonctionnent avec un logiciel suranné qu’ils ont eux-mêmes décidé de ne pas changer, puisque quand tout va mal l’État court à leur secours en leur faisant des donations sur le dos du bon peuple.

Il faut donc rester extrêmement vigilant. Le Parlement lui-même tergiverse, ne veut pas réglementer, refuse de s’engager, bref trempe dans toutes les combines à plein, pour que les caisses des partis se regarnissent vite et que les nombreux avantages accordés aux parlementaires bourgeois par les banques et singulièrement par l’UBS leur restent acquis.

Même sous la Coupole, on a tellement de peine à se passer du superflu et à changer d’habitudes …et puis la crise est pour les autres, par pour les élus, dont le premier privilège est d’être encore mieux protégés que des invalides.

A ne pas oublier quand on se demande ce qu’ils font à Berne et pourquoi ils le font.

Tags: , , , , , ,

Catégorie: Res politica

Commentaires (3)

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. Marc dit :

    La solution à ce problème de salaires abusifs devra passer par la fiscalité. Il n’y en a pas d’autre !

    Tout « sursalaire » doit être « surtaxé » !

    Exemple de modèle : si un salaire (y compris stock option parachute et autres gadgets) dépasse 20 fois le salaire médian suisse, alors la tranche salariale dépassant 20 salaires médians est taxéee à 90%.

    Au niveau salarial actuel en suisse, cela laisse tout de même une tranche de 1,3 million annuel taxé normalement, de quoi vivre confortablement.

    On dira que c’est de la « fiscalité confiscatoire ». Mais ce seont ces salaires indécents qui sont confiscatoires, ils confisquent la richesse produite par d’autres. Qui va nous convaincre par exemple que le talent et le travail d’un Vasella vaut 80 fois celui du directeur d’un hopital universitaire et 800 fois celui d’une infirmière ? Les journées d’un CEO n’ont que 24 heures et ils ne peuvent pas être 20 fois plus productif que l’employé moyen.

    Remarque : Certains nous dirons que cette solution ne marchera pas car nos chers CEO se feront verser leur sursalaire dans des places financières offshores. Mais pas de problème puisque la Suisse -bon élève- revise toute ses conventions de double-imposition pour les rendre OCDE-compatible, grâce au G20.

  2. Alex dit :

    Même pas un Villiger ce tandem ! 😉

Laisser un commentaire