UBS : délégation stratégique ….

25 février 2009 | par | 1 commentaire Plus loin

On apprend sans surprise que le Conseil fédéral s’est auto-proclamé spécialiste et stratège de la question bancaire. Heureusement qu’il y a au moins deux dames clairvoyantes et intelligentes dans cet aréopage, car s’il fallait faire quelque chose, c’était dessaisir Merz de ce dossier sur lequel il dort depuis des mois sans voir passer les pucks.

Mais non, sa grâce confédérale a estimé être le mieux placé pour guider de sa main droite ce qu’il a raté de sa propre main gauche. Pas étonnant mais grave politiquement.

Un type qui devrait être éjecté sans ménagement du gouvernement pour n’avoir ni vu venir ce qui arrivait ni su tenir la barque n’a pas sa place dans pareil cercle.

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Pour couronner le tout, il claironne que « la remise en question de la distinction entre évasion et fraude fiscale n’est pas en discussion pour l’heure« .

En Suisse peut-être et grâce à ses bons soins. Mais en coulisses il n’y échappera pas et sa langue de bois usuelle ne pourra pas colmater les brèches faites par le canon du fisc US dans cette institution surannée.

Même Ivan Pictet, le président de Genève Place Financière, cette organisation de patrons qui passe son temps à nous dire combien les banquiers sont bons, généreux et beaux a déclaré tout récemment que pour les banques étrangères en Suisse, une présence ne se justifiait qu’en rapport avec les dispositions sur le secret bancaire.

On n’attendait pas pareil aveu de sa part, mais on doit donc constater que même les spécialistes ou ceux que leurs pairs jugent comme tels jouent perdant : dans sa forme actuelle  de rempart vieillot contre les fiscs, le secret bancaire suisse est mort en 2009.

Nul ne pourra désormais enrayer ce mouvement, et il serait peut-être temps d’orienter de nouvelles campagnes publicitaires vers le fameux know-how du banquier suisse, celui qui vient encore de se tromper de 36 milliards dans un ordre bancaire ….

Or le même président de la même organisation patronale admet là encore que ce know how particulier n’est pas présent, que le banquier suisse n’est qu’un vulgaire banquier comparable à ses congénères étrangers quand on le châtre de son secret bien gardé.

Avec de pareils aveux, il serait utile de prévoir un plan de sauvetage spécifique à la branche bancaire et non pas déguisé pour sauver l’insoutenable UBS.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (1)

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  1. Rohner parti, va-t-on tenter de dédommager nos petits actionnaires et qui sait faire un geste pour nos ricains ?

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