UBS : la société poubelle aux îles Caïmans

18 octobre 2008 | par | 6 commentaires Plus loin

Certains se demandaient si le plan de sauvetage UBS avait été intégralement rédigé par ses propres têtes-pensantes internes: il n’y a plus de doute depuis hier, c’est un pur produit de la banque, simplement tamponné par les autorités fédérales.

Pour la BNS, créer puis détenir une société offshore aux îles Caïmans dans laquelle on fait comptablement ce qu’on veut sans aucun contrôle, c’était l’idéal, surtout si c’est l’UBS qui y pense et qui la gère …

Mais encore une fois un idéal ni démocratique ni juridique ni surtout en termes de transparence. Il faut que les petits ou plutôt les grands cachotiers que sont les banquiers de tous poils et de toutes obédiences puissent faire leur petit commerce honteux en toute quiétude, que les autorités suisses notamment fiscales n’aient surtout aucun droit de regard et que la société ne soit pas attaquable devant une juridiction suisse.

Car tout le hic est là. Au départ, au travers de sa conception bancale, la société de portage sera en faillite et devrait, si elle était en Suisse, déposer immédiatement son bilan ou demander un ajournement de faillite. Un juge suisse devrait donc y mettre son nez, même peu fouineur et assez usuellement bête, et c’est fâcheux. Par ailleurs, les bilans de la société en question seront au regard du droit  suisse de purs faux dans les titres, puisqu’ils maintiendront à l’actif des non valeurs sans leur opposer de provisions adéquates.

Bref, on nous raconte, notamment dans le Temps de ce jour, une nouvelle fois des sottises en nous disant que c’est à cause du libellé des créances en dollars ou autres sornettes. Non, la seule et unique raison, c’est le secret et l’impunité.

Il conviendra donc de faire appliquer une jurisprudence constante du TF et de l’Administration fédérale des contributions, qui veut qu’une société ait un établissement stable taxable au lieu où se trouve sa direction effective.

Nul doute que ce lieu sera en Suisse, et il sera donc aisé de faire inscrire de force au registre du commerce une succursale de la société en question en Suisse. Dans un deuxième temps, une fois la chose acquise, on demandera à cette succursale de fait de produire de vrais comptes établis selon les normes comptables suisses …. et c’est là que ça va devenir amusant, car le subterfuge utilisé se retournera contre ses concepteurs.

Décidément, chaque jour nous montre une nouvelle facette de la triste mentalité du banquier suisse standard et de ses homologues complices de la BNS.

PS: en plus, le Suisse moyen sera « fier » de pouvoir pour la première fois peut-être se considérer comme l’actionnaire indirect d’une société offshore dérégulée, défiscalisée et sans contrôle dans laquelle on va flanquer quelque 60 milliards de dollars, dans un premier temps … quelle magnifique image aussi de l’ingéniérie financière helvétique aux yeux du monde occidental auquel franchement on tire un pied de nez une nouvelle fois arrogant.

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Catégorie: Res politica

Commentaires (6)

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  1. mousseman dit :

    Je ne sais si je dois être ‘fier’ de posseder des actifs de l’UBS et être participant aux dettes américaines, mais il y a une méthode trés effective pour forcer une ‘votation’ sur cette idée: Retirer tout les fonds de l’UBS, donc faire un ‘Bank Run’. Vu que l’UBS est maintenant sur la watch list de Standards & Poors, il y’a une forte chance qu’elle va revenir mendier chez l’état pour un autre bail-out. Si elle tombe raide, elle ne reviendra plus.

    Si l’UBS tombe, aucune autre banque va oser demander de l’argent chez le contribuable.

    « Vote with your money and your feet » à été trés effectif et va toujours l’être.

  2. L’erreur fondamentale du gouvernement a été de ne pas mettre la banque sous tutelle, de virer la racaille et de mettre en place un collège de gens intègres pour renverser l’image, chasser les prévaricateurs qui nous pompent depuis des lustres et enfin travailler avec compétence au lieu de nous couler avec de grands experts et de beaux parleurs. Monsieur mousseman, vous êtes un irresponsable et honte à vous.

  3. mousseman dit :

    Ayant une fois du souffrir d’une intervention étatique dans une banque et de la payer à travers mes impôts, je suis devenu bien plus attentif quand l’état veut se meler à la géstion d’une banque, vu que chaque gestion de banque par l’état ou une entreprise para-étatitique n’était pas à l’avantage du contribuable, comme par exemple la BCV ou la BCBE.

    Par cette experience (et ayant observé bien d’autres du même type), je suis venu à la conclusion que la seule méthode valable pour s’en sortir de cette sorte de problème sont les moyens privés, donc ce que par exemple la CS à fait, ou de laisser tomber la banque avec le slogan « Sink or Swim ».

    On aurait naturellement pu faire ce que Gregory Mankiw a proposé, mais à mon avis, chaque franc investi par le contribuable et investi à fonds perdu.

    Ce n’est pas au contribuable de participer dans l’économie, s’il ne veut pas le faire lui-même.

    Vu qu’il nous manque un moyer pour nous exprimer démocratiquement, le seul moyen et de retirer les fonds de l’UBS aussi longtemps qu’elle veut se faire ‘sauver’ par l’état et deposer ses valeurs toxiques dans on fonds ou nous sommes la partie qui port tout les risques.

  4. kalvin dit :

    @ Moussemann.

    Merci pour le lien, intéressant ce que dit Gregory Mankiw. Pour le reste, la BCGE et la BCBE sont des catastrophes pour les contribuables.
    La BCV s’en tire mieux, mais ce n’est franchement pas de sa faute …

  5. JM Reymond dit :

    Merci pour cette analyse, que je partage d’ailleurs, mais comment avoir la certitude que c’est bien une société offshore qui va être crée. Je suis peut-être naïf, mais je n’ai pas trouvé la confirmation de ce fait. Avez-vous des sources qui confirment cela.
    Merci d’avance.

  6. Kalvin dit :

    @ JM Reymond

    On en parle à beaucoup d’endroits, mais voici un schéma préparé par la Basler Zeitung et publié par Swissinfo :

    sauvetage UBS

    où l’on voit bien le drapeau des Iles Cayman

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