UBS : l’abus de confiance politique

14 octobre 2009 | par | Pas de commentaire Plus loin

12 millions de plus pour UBS

Il y a déjà quelque temps que l’UBS tente de se faire plus ou moins oublier dans les médias, surtout en ce qui concerne son incapacité à retrouver les profits alors que les banques étrangères en font comme jamais (terriblement moral tout ça). Surtout aussi en ce qui concerne la quotité du dommage qu’elle a fait subir à la place financière suisse par son comportement débile et irresponsable, ainsi qu’à l’image de la Suisse en général.

Et presque en catimini, voici que la délégation des finances des Chambres fédérales vient de libérer une première tranche de près de 13 nouveaux millions pour payer une première petite partie des dégâts indirects causés au pays par l’UBS, collatéralement estimés à cinquante millions par Hans Rudolf le consultant magnifique reconverti en pseudo conseiller fédéral sans légitimité.

Certes en l’état, ce n’est « qu’une » délégation des finances qui a pris cette décision. Mais nul doute que le Parlement va suivre sans broncher, dans un élan que les moutons blancs, jaunes ou noirs ne renieraient pas. D’ailleurs, la décision date de hier 13 octobre, en tous cas sa publication, et personne ne bronche.

Il est devenu complètement inintéressant de déverser ou non milliards et millions pour combler les trous UBS : la population est résignée et sait que quelle que soit la couleur politique des élus, ils ne la soutiendront pas.

On préfère parler minarets, assurance-maladie, chômage, gel des salaires, licenciements, etc. et pendant ce temps, le parlement dépense à qui mieux mieux l’argent confié.

En somme cet argent confié publiquement à la gestion des gouvernants devrait pouvoir être considéré comme de l’argent confié au sens du droit pénal et donc en cas de mauvaise gestion faire l’objet de plainte pénale en bonne et due forme pour abus de confiance.

Mais comme le monde des juges est encore moins reluisant que celui des politiques, il n’y a rien à espérer de ce genre de démarches.

Il ne reste donc plus, sauf à faire exploser des bombes, qu’à utiliser les moyens constitutionnels permettant de s’opposer aux dépenses en question et surtout de légiférer et d’ordonner à l’UBS en tout légalité de payer son dû au pays.

Il y a là un bien beau sujet politique dont malheureusement les partis de gouvernement refusent de s’emparer, trop imbriqués qu’ils sont dans la cuisine générale.

On voit ce que la présence au Conseil d ‘Etat de Genève des socialistes bien mous apporte : le bazar total et le succès de populistes sans ligne mais sachant communiquer. Avec tous les dangers que cela comporte pour une démocratie qui devient une simple addition de chambres d’enregistrement communales/cantonales des décisions fédérales et économiques.

Pas très attrayante la démocratie directe à la sauce UBS, matinée de volutes Villiger .

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Catégorie: A la Une, Res politica

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