Verts : enfin du courage politique

24 novembre 2007 | par | 5 commentaires Plus loin
recordon.jpgOn sait depuis des semaines que la réélection de Blocher au Conseil fédéral est loin d'être ce que l'on souhaite sur ce blog. Au contraire, l'intéressé n'est pas digne d'occuper la fonction dans la mesure où, notamment sa vision politique et surtout sa pratique sont tout sauf démocratiques, sans parler du fond politique qui sous-tend son action au quotidien et à long terme. Le bonhomme renie tout ce que la Suisse a mis des siècles à construire, une certaine idée du respect fédéral, multilingue et multiculturel, notamment.
 
On se doit donc de saluer le courage des Verts qui viennent de décider et d'annoncer qu'ils entendaient très clairement barrer la route à l'antidémocrate en présentant la candidature de Luc Recordon, notamment. Ainsi que l'affirme Luc Recordon dans un communiqué, "il entend représenter les 71 % de votants qui n'ont pas voté pour l'UDC lors des élections fédérales du 21 octobre. Sa candidature n'est pas dirigée contre la personne de Christoph Blocher mais contre sa ligne politique qui fait fi des valeurs essentielles qui fondent notre Etat et équivaut à un découpage de la société en catégories qu'on stigmatise les unes après les autres".
 
 
Certains pleurnicheurs diront sans doute que les Verts sont opportunistes ce faisant. D'autres qu'ils n'ont aucune chance dans leur tentative. Rien n'est moins vrai. Car cette candidature qui est en elle-même un acte politique fort va obliger les socialistes à ne pas jouer à cache-cache mais à afficher clairement leur position s'ils entendent faire réélire leurs propres ministres. Et ceci concerne aussi les membres élus du Parti démocrate chrétien, dont la position de perpétuelle balance opportuniste doit enfin être clarifiée. Merci donc à Luc Recordon et aux Verts de se lancer dans la course. Ils méritent respect et soutien.
 
Depuis quelques lustres mais surtout depuis 2003, sous l'impulsion de l'UDC, la Suisse recule à tous les points de vue sur le plan social, en comparaison internationale, la seule chose qui augmente étant le salaire de Vasella et de Ospel, même quand ce dernier avalise des bourdes qui se chiffrent en milliards. Les Verts sont les premiers à avoir compris que les excès du néo-libéralisme sont en eux-mêmes porteurs d'un germe politiquement modifié visant à détruire le tissu social pour le remplacer par le tissu de l'argent, tissu de l'argent qui est par définition incompatible avec une idée humaine du développement durable et respectueux de l'autre et donc de l'environnement au sens large.
 
 
A noter enfin que les Verts n'ont aucune raison d'hésiter: à notre sens ils devraient même déjà combattre la réélection de l'inénarrable Couchepin, dont les résultats politiques sont aussi maigres et piteux que l'image d'une vache indienne efflanquée, et ce n'est même pas sympa pour la vache.
 
Crédit photographique : Keystone
 
Edit du 24.11.2007 à 8h : à lire l'excellente citation de Bourdieu à ce sujet sur politis.ch, de Lyonel Kaufman 

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Catégorie: Res politica

Commentaires (5)

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  1. george dit :

    Ne disait-on pas : « Pas d’argent, pas de suisse » ?

  2. Kalvin dit :

    @george, oui oui, on le dit malheureusement encore

  3. george dit :

    Luc Recordon a raison de dire haut et fort, ce que la majorité silencieuse murmure. Néanmoins les suisses sont des germains et ne peuvent se renier. Sans chef, ils sont malheureux, c’est leur côté féminoïde et leur noeud oedipien. Raciste et xénophobe, cupide et vaniteux, notre frère se montre à nu avec l’UDC, jouant avec ses plus bas instincts que le triste sire Blocher et ses perroquets, ont su si bien flatter et encourager en créant un parti national capitaliste pop.

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