Vous voulez le job: prise de sang !

15 août 2007 | par | 4 commentaires Plus loin

seringue.jpgLa Tribune de Genève de ce jour nous rappelle à juste titre que de nombreuses entreprises installées en Suisse pratiquent en douce depuis plusieurs années des dépistages systématiques sanguins du sida et autres affections à l’engagement de leurs nouveaux collaborateurs.

Pas question donc de signer sans avoir au préalable été se faire piquer. Cette pratique pas assez souvent dénoncée est discriminatoire, probablement illégale et dangereuse.

Les données et les résultats sont discutés avec les candidats par le recruteur sous le fallacieux prétexte d’offrir un bilan de santé à son futur collaborateur.

Ensuite ces données hypersensibles sont « conservées » par l’employeur, qui souvent précise contractuellement que le dossier appartient à l’employé. Cela lui fait une belle jambe dans la mesure où il ne le récupérera jamais ce dossier, sinon après son licenciement et encore …

Et ceci n’est qu’un leurre dans la mesure où bien entendu, et comme il en a l’obligation légale, l’employeur conservera une copie de ces données contractuelles comme toutes les autres pour une durée de 10 ans au moins.

Là où cela commence à sérieusement se corser, c’est que ce genre de données fait l’objet de trocs entre employeurs potentiels, ainsi qu’entre chasseurs de têtes et placeurs de personnel. Pire encore, on doit malheureusement constater que le plus modeste employé de la caisse maladie x et y a accès sans aucun problème à ce genre de données aussi, et peut donc en faire l’usage qu’il veut, alors que seuls les médecins conseils de la compagnie devraient connaître ces éléments. Attention, d’ici à ce qu’on exige le tatouage electronique par puce derrière l’oreille de tout employé engagé, il n’y a plus qu’un pas, qui permettra même ensuite de le suivre par GPS interposé puisque la technologie le permet.

Vive la liberté !

Addendum : et que fait notre préposé à la protection des données sans réel pouvoir ? il roupille comme d’habitude ?

Tags: ,

Catégorie: Res politica

Commentaires (4)

Trackback URL | Comments RSS Feed

  1. avocette dit :

    Georges Orwell était un doux rêveur, compte tenu de ce qui se passe et de ce qui va encore arriver dans ce domaine..

    vive la liberté !

  2. kalvin dit :

    C’est vrai, mais j’aurais mis rêveur entre guillemets pour Orwell, car il était bien réveillé…

  3. Je me demande si la conservation de ces données ne peut pas être empêchée via la loi sur la protection des données : dans un fichier ne peuvent figurer que les données correctes et, surtout, nécessaires à l’accomplissement de la tâche. Je doute que ces données, une fois la « bonne » santé du candidat établie, soient nécessaires pour la suite. Sans parler du fait qu’elles ne seraient plus à jour, à partir d’un certain moment.

    Quoi qu’il en soit, je trouve vraiment à vomir, ce genre de pratique, comme si avoir une bonne santé était une évidence, évidence qui ouvre ensuite, moyennant quelques diplômes, les portes les plus exquises, tant pis pour les malades et les peu qualifiés !

  4. kalvin dit :

    Je pense comme vous Lady Poppins sur le plan des données, et je trouve aussi ceci méprisable comme méthode.

Laisser un commentaire