La Grèce officiellement mise en faillite

22 juillet 2011 | par | Pas de commentaire Plus loin

L’euro sauvé. Accord historique. Tour de force économique. La presse standardisée se pâme devant l’accord intervenu hier à Bruxelles sur la dette grecque et redouble de titres ronflants.

Mais s’est-on seulement posé la question de fond? Celle qui consiste à s’interroger sur deux plans: l’accord suffira-t-il et pour quelles bonnes raisons le citoyen européen doit-il payer les impôts (et les pénalités) que les Grecs ont fraudés durant 40 ans ?

Sur le premier point, l’économie grecque est dans un état tel aujourd’hui qu’aucun redressement n’est actuellement possible. Dès lors que l’accord prévoit des mesures encore plus drastiques que celles qui sont déjà en vigueur, il faudra à cette économie au moins deux décennies avant de retrouver un semblant de soleil.

Sur le deuxième point, passer un accord est une chose, le mettre en œuvre en est une autre. Les gouvernants de droite qui ont concocté ce mécanisme complexe oublient une chose d’importance : ils ont été élus, mais leur légitimité dépend du peuple, qui ne va pas les réélire lorsqu’il s’agira de passer de la parole aux actes et de se serrer la ceinture « à la grecque » pour pouvoir financer ce grand bazar.

Imaginons un instant que la sacro-sainte fonction publique française doivent abandonner 20 % de son salaire pour le bien commun européen, que l’Allemand doive encore passer à la caisse dans un pays où la démographie est inquiétante, que l’Espagnol doive payer pour les autres alors qu’il est presque en situation grecque.

Cet accord ne pourra pas être mis en œuvre tel quel, notamment pour les raisons invoquées, mais aussi parce que techniquement, la seule solution passera par une sortie de certains pays de la zone euro dans laquelle ils n’ont pas leur place.

L’Europe actuelle a été mal construite économiquement et politiquement. Tant qu’une plus grande intégration entre l’économie et la politique économique n’aura pas été réalisée, cet accord restera lettre morte. Et en attendant, pour pouvoir survivre, la Grèce et probablement l’Irlande et le Portugal devront reprendre leurs monnaies nationales, dévaluer, éponger, mettre de l’ordre et envisager dans deux décennies de rejoindre à nouveau cette zone de monnaie unique qui les aura ruinés.

Le temps de voir passer plusieurs tours d’élections nationales.

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Catégorie: Res politica

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